La viande : the elephant in the room

Le levier le plus simple pour réduire les émissions de CO2 rapidement sans investir dans une voiture électrique ou l’isolation des bâtiments ? Consommer de la viande avec modération !

Comme vu dans notre article présentant la situation des émissions de gaz à effet de serre (GES), l’agriculture est le deuxième émetteur de GES derrière le transport avec 20% des émissions en France (1). Et c’est l’élevage qui en génère la majeure partie (comptabilisés en CO2éq). Au niveau mondial, l’élevage émet ainsi 15% des émissions de CO2 équivalent : cela représente 7 GtCO2éq (2).

15% des émissions de gaz à effet de serre sur notre planète

Sur ces émissions de la production de viande, 60% provient directement de l’élevage des bovins, contre 10% pour le porc ou 10% également pour le poulet. A première vue, on voit déjà où des efforts peuvent être faits : réduire la consommation de bœuf. En effet, quand on s’attarde sur les émissions brutes par kg de produit, le résultat est sans appel : l’agneau et le bœuf émettent autour de 40-45 kgCO2éq/kg de produit, 20 kgCO2éq pour le veau et moins pour le porc et le poulet respectivement autour de 7 et 5 kgCO2éq (3).

Quel contenu de gaz à effet de serre en CO2 équivalent dans la viande ?

Une partie plus difficilement calculable d’émissions supplémentaires vient aussi de la déforestation induite par les cultures de soja utilisées pour nourrir le bétail, par exemple au Brésil où la production de viande a fortement augmenté au point de devenir un des plus gros exportateurs (4). Aussi, nourrir le bétail représente environ la moitié des émissions de CO2 équivalent de l’élevage (2), tandis qu’une autre petite moitié provient de la fermentation entérique des ruminants (2). Concernant celle-ci des études ont été menées pour réduire les émissions des ruminants en travaillant sur le régime alimentaire du bétail (5) et des techniques d’optimisation de l’élevage (6). Cela reste toutefois insuffisant pour rendre neutre en carbone la production de viande ou de produits laitiers.

La consommation de viande d’un français : 1.4 tonnes CO2éq/an

Les français sont aujourd’hui de grands consommateurs de viande avec environ 87 kg de viande par an (7) (8). C’est le double de la consommation mondiale moyenne avec 330 millions de tonnes de viandes pour 7.5 milliards d’habitants (9). Avec une consommation moyenne de 33 kg de porc, 26 kg de volaille, 24 kg de boeuf et 3 kg d’ovins (10), les émissions CO2 équivalent d’un français liée à sa consommation de viande s’élèvent à 1.4 tonnes de CO2 par an. Ainsi, modifier notre régime alimentaire fait partie des solutions à court terme pour réduire nos émissions de GES. Cette solution à portée des citoyens permet de décarboner nos modes de vies en attendant que les investissements lourds sur les infrastructures portés par les états aient leurs effets (véhicule électrique, logement 0 émissions, poids lourds à l’hydrogène, énergie bas carbone renouvelable ou nucléaire).

Réduire sa consommation, substituer par des protéines végétales

On peut simplifier son régime alimentaire en diminuant la consommation de viande au plus fort impact CO2 équivalent comme le bœuf ou l’agneau. Pour cela il est possible de les substituer par du poulet, du porc ou des œufs voire des protéines végétales qui sont en quantité équivalentes comme dans les légumineuses telles que les lentilles (11). Ces dernières apportent environ 25g de protéines par 100g soit plus que les 22g de protéines dans 100g de boeuf.

Quelques idées pour réduire les émissions de CO2 de nos consommations de protéines
La notion de « carbone plaisir »

Pour autant, certains d’entre nous associent la consommation de viande à un réel plaisir et partage entre amis. C’est ici que nous introduisons que le carbone doit être émis dans ce cas pour procurer un réel plaisir et ne pas être juste une habitude : c’est le carbone plaisir. Par exemple, le bœuf consommé et préparé dans des fast foods (pensons aux steaks trop cuits du BigMac) ou des restaurants d’entreprise n’a forcément pas la même saveur que de préparer soi-même de bons produits même si cela arrive avec une fréquence moindre du fait de l’aspect prix. De manière générale, on peut opter pour davantage de menus avec des sources de protéines végétales ou moins émettrices en carbone.

Sources
(1) https://www.hautconseilclimat.fr/publications/rapport-grand-public-2020/
(2) http://www.fao.org/3/i3437e/i3437e.pdf
(3) Base Agribalyse V3.0.1 et moyenne calculée par MyLittleCarbon
(4) https://www.lepoint.fr/economie/au-bresil-la-folle-ascension-du-secteur-de-la-viande-30-03-2017-2115925_28.php
(5) https://www.youtube.com/watch?v=usLs_k5Qcb0
(6) https://www.web-agri.fr/changement-climatique/article/178046/comment-reduire-l-empreinte-carbone-de-son-elevage-
(7) https://www.franceagrimer.fr/content/download/64687/document/NCO-VIA-Consommation%20de%20viandes%20en%20France-2019.pdf
(8) https://www.youtube.com/watch?v=nVydgG2DFU
(9) https://www.youtube.com/watch?v=99ajUqkpvPs
(10) https://www.cuisineaz.com/articles/combien-de-kilos-de-viande-mange-un-francais-par-an-605.aspx
(11) https://www.femmeactuelle.fr/sante/alimentation-equilibree/boeuf-lentilles-fromage-quelle-quantite-de-proteines-contiennent-ces-aliments-le-resultat-est-etonnant-2083909
(12) https://actu.fr/auvergne-rhone-alpes/lyon_69123/menu-sans-viande-a-lyon-pour-barbara-pompili-le-menu-vegetarien-est-equilibre_39878052.html

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