La tentation de la climatisation

Les températures plus élevées en été ces dernières années se traduisent par de nouveaux besoins énergétiques : la climatisation. Pas une bonne nouvelle pour les émissions de CO2 !

Les émissions de gaz à effet de serre et le changement climatique induit ont déjà des effets visibles dans nos milieux tempérés : des étés plus chaud, voire caniculaire (avec la température qui ne redescend pas en dessous de 20°C la nuit). Par exemple, selon MétéoFrance, la tendance actuelle du réchauffement climatique ajoute chaque été 4 jours supplémentaires par décennie où la température dépasse les 25°C à Paris (1). Ces températures extérieures élevées font alors grimper le mercure dans nos habitations ainsi que nos lieux de travail ou de loisir.

Écart de la température moyenne de l’année de l’air en surface par rapport à la normale de référence (moyenne des températures sur la période 1961-1990) (1)
2% des émissions de gaz à effet de serre, 10% de la consommation électrique mondiale…

Cette nouvelle donne climatique a généré une demande de climatisation croissante en France et dans les pays usuellement tempérées, tandis qu’elle accroit encore davantage la demande dans les pays aux étés « chauds ». Cette forte demande s’observe particulièrement dans les pays les plus développés où l’on voit une corrélation entre pouvoir d’achat et taux d’équipement des populations. Mais la demande exploser aussi dans les pays émergents ou en forte croissance en terme de pouvoir d’achat par tête, par exemple en Chine. Aujourd’hui la demande d’électricité pour la climatisation représente 10% de la demande d’électricité mondiale et émet environ 2% des émissions de gaz à effet de serre (2).

Évolution de la consommation électrique pour la climatisation selon les pays : en UE, la demande a été multipliée par 3x environ depuis 1990 (2)
… consommation électrique qui devrait être multipliée par 3 d’ici 2050

L’AIE (Agence Internationale de l’Energie) table sur une augmentation de la consommation d’électricité qui bondit de +200% de 2000 TWh à 6000 TWh d’ici 2050. La baisse des coûts des climatiseurs et l’augmentation du pouvoir d’achat dans le monde va en effet créer une demande de confort et de climatisation qui n’aidera pas la transition écologique et énergétique. Si cette demande de climatisation peut être nécessaire et compréhensible dans certains établissements, commerces ou lieux de travail très fréquentés, la climatisation devrait être réduite à son minimum pour nos habitations, au moins pour les latitudes tempérées où la température descend la nuit.

De 20 kgCO2 à 100 kgCO2 d’émissions de CO2 avec un climatiseur pour 15m2

En attendant que les climatiseurs améliorent leur rendement énergétique et que la production d’électricité soit entièrement décarbonée, il faut essayer de s’en passer. Car en France, si l’électricité est plutôt décarbonée avec un mix qui émet en moyenne 40 gCO2/kWh, l’utilisation moyenne pendant 5h par jour pendant un été d’un climatiseur pour une pièce de 15 m2 émet environ 20 kgCO2 sur l’été. Cependant, dans un cadre privé, il est très probable que ce climatiseur soit utilisé principalement aux horaires où l’électricité est la plus demandée c’est-à-dire entre 17h et 21h. En prenant en compte des moyens de productions plus carboné pour assurer ce pic de demande, avec notamment du gaz (~300-400 gCO2/kWh), on atteint alors des émissions de 100 kg CO2 sur l’été pour une seule pièce de 15m2 climatisée. Cet été, le coût élevé du gaz en Europe rend le charbon économique comme moyen de production mais peu écologique (700-800 gCO2/kWh) pour répondre aux pics de consommation lors des heures de pointe.

Les émissions de CO2 d’un climatiseur sont 10x plus importantes qu’un ventilateur; et sont d’autant plus importantes si celui-ci fonctionne en horaires de consommation de pointe : la demande additionnelle est alors potentiellement portée par de la génération électrique fossile avec le mix actuel

Au pays de l’électricité nucléaire, on pourrait critiquer ce calcul, cependant avec les étés de plus en plus chaud qui nous attendent, certaines centrales nucléaires peuvent être mises à l’arrêt en cas de fortes températures (3). En effet, il est prévu qu’elles s’arrêtent lorsque les fleuves qui alimentent les circuits de refroidissement des centrales dépassent une certaine chaleur afin de préserver la faune et la flore. On pourrait donc s’attendre à ce que des moyens de production d’électricité fossiles prennent le relais pour alimenter nos climatiseurs aux pics de consommation d’électricité.

Comment s’en passer ?

En effet, plutôt que d’utiliser la climatisation, on peut déjà utiliser un ventilateur, qui consomme 10 fois moins qu’un climatiseur (2). Aussi d’autres petits gestes au quotidien permettent de faire redescendre la température d’un logement, au moins dans nos latitudes tempérées où la température la nuit descend autour des 20-25°C maximum. Surtout, il faut absolument éviter d’ouvrir les fenêtres lorsque la température dépasse les 25°C dehors ou du moins dépasse celle du logement car ce serait faire entrer la chaleur définitivement. Cependant, en gardant les fenêtres fermées, la sensation de température intérieure peut sembler étouffante à cause de l’absence de circulation d’air. Dans ce cas, un ventilateur peut être utilisé pour créer cette circulation d’air sans réchauffer l’intérieur du logement, on peut également placer des glaçons devant ce ventilateur pour créer un effet de froid supplémentaire. Comme expliqué précédemment, ce ventilateur consommera 90% moins d’électricité qu’un climatiseur. Aussi à la nuit tombée, il faut profiter du frais relatif pour faire descendre la température de son logement en ouvrant et aérant au maximum. Durant la journée, fermer les volets, rideaux et réduire autant que possible les entrées de lumières et de chaleur. Aussi penser à réduire l’utilisation de l’électroménager au minimum (en utilisant le four ou les plaques de cuissons par exemple). Enfin l’évaporation de l’eau absorbant de la chaleur, on peut aussi placer des draps mouillés devant les fenêtres (4) (5).

Dans le cas où un climatiseur s’avère complètement indispensable, orientez vous alors ceux avec la classe d’énergie la plus élevée A+++, on observe alors une consommation de 20-30% en moins par rapport à une classe d’énergie A. De plus, sachez que les fluides frigorigènes utilisés pour le cycle thermique permettant le refroidissement de la pièce ont été ou sont encore des gaz à effet de serre à très fort pouvoir de réchauffement (6) : de 20 à 2000 fois plus puissant que le CO2. Le fluide dit R290 (propane) est celui avec le moins de pouvoir réchauffant actuellement sur le marché; assurez-vous d’opter pour celui-ci dans le cas où votre climatiseur ne serait pas recyclable ou simplement à cause de fuites lors de la confection de ces climatiseurs dans des lieux de production peu regardant sur les normes environnementales. En fin de vie, prenez bien soin de le rapporter en déchetterie ou un lieu de collecte adéquat.

Sources
(1) http://www.meteofrance.fr/climat-passe-et-futur/le-rechauffement-observe-a-l-echelle-du-globe-et-en-france
(2) https://www.iea.org/reports/the-future-of-cooling – Par ordre de réference : pages 24,25,23
(3) https://www.sfen.org/rgn/adapter-centrales-nucleaires-changement-climatique
(4) https://www.maison-travaux.fr/maison-travaux/conseils-pratiques/astuces-pour-rafraichir-sa-maison-sans-climatisation-cet-ete-192861.html#item=1
(5) https://immobilier.lefigaro.fr/annonces/edito/louer/j-emmenage/fortes-chaleurs-5-astuces-pour-rafraichir-logement
(6) https://www.tereva-direct.fr/document/A-544740-tereva-experts-climatisation-r32-r290-r410a-quel-fluide-frigorigene-choisir-

La viande : the elephant in the room

Le levier le plus simple pour réduire les émissions de CO2 rapidement sans investir dans une voiture électrique ou l’isolation des bâtiments ? Consommer de la viande avec modération !

Comme vu dans notre article présentant la situation des émissions de gaz à effet de serre (GES), l’agriculture est le deuxième émetteur de GES derrière le transport avec 20% des émissions en France (1). Et c’est l’élevage qui en génère la majeure partie (comptabilisés en CO2éq). Au niveau mondial, l’élevage émet ainsi 15% des émissions de CO2 équivalent : cela représente 7 GtCO2éq (2).

15% des émissions de gaz à effet de serre sur notre planète

Sur ces émissions de la production de viande, 60% provient directement de l’élevage des bovins, contre 10% pour le porc ou 10% également pour le poulet. A première vue, on voit déjà où des efforts peuvent être faits : réduire la consommation de bœuf. En effet, quand on s’attarde sur les émissions brutes par kg de produit, le résultat est sans appel : l’agneau et le bœuf émettent autour de 40-45 kgCO2éq/kg de produit, 20 kgCO2éq pour le veau et moins pour le porc et le poulet respectivement autour de 7 et 5 kgCO2éq (3).

Quel contenu de gaz à effet de serre en CO2 équivalent dans la viande ?

Une partie plus difficilement calculable d’émissions supplémentaires vient aussi de la déforestation induite par les cultures de soja utilisées pour nourrir le bétail, par exemple au Brésil où la production de viande a fortement augmenté au point de devenir un des plus gros exportateurs (4). Aussi, nourrir le bétail représente environ la moitié des émissions de CO2 équivalent de l’élevage (2), tandis qu’une autre petite moitié provient de la fermentation entérique des ruminants (2). Concernant celle-ci des études ont été menées pour réduire les émissions des ruminants en travaillant sur le régime alimentaire du bétail (5) et des techniques d’optimisation de l’élevage (6). Cela reste toutefois insuffisant pour rendre neutre en carbone la production de viande ou de produits laitiers.

La consommation de viande d’un français : 1.4 tonnes CO2éq/an

Les français sont aujourd’hui de grands consommateurs de viande avec environ 87 kg de viande par an (7) (8). C’est le double de la consommation mondiale moyenne avec 330 millions de tonnes de viandes pour 7.5 milliards d’habitants (9). Avec une consommation moyenne de 33 kg de porc, 26 kg de volaille, 24 kg de boeuf et 3 kg d’ovins (10), les émissions CO2 équivalent d’un français liée à sa consommation de viande s’élèvent à 1.4 tonnes de CO2 par an. Ainsi, modifier notre régime alimentaire fait partie des solutions à court terme pour réduire nos émissions de GES. Cette solution à portée des citoyens permet de décarboner nos modes de vies en attendant que les investissements lourds sur les infrastructures portés par les états aient leurs effets (véhicule électrique, logement 0 émissions, poids lourds à l’hydrogène, énergie bas carbone renouvelable ou nucléaire).

Réduire sa consommation, substituer par des protéines végétales

On peut simplifier son régime alimentaire en diminuant la consommation de viande au plus fort impact CO2 équivalent comme le bœuf ou l’agneau. Pour cela il est possible de les substituer par du poulet, du porc ou des œufs voire des protéines végétales qui sont en quantité équivalentes comme dans les légumineuses telles que les lentilles (11). Ces dernières apportent environ 25g de protéines par 100g soit plus que les 22g de protéines dans 100g de boeuf.

Quelques idées pour réduire les émissions de CO2 de nos consommations de protéines
La notion de « carbone plaisir »

Pour autant, certains d’entre nous associent la consommation de viande à un réel plaisir et partage entre amis. C’est ici que nous introduisons que le carbone doit être émis dans ce cas pour procurer un réel plaisir et ne pas être juste une habitude : c’est le carbone plaisir. Par exemple, le bœuf consommé et préparé dans des fast foods (pensons aux steaks trop cuits du BigMac) ou des restaurants d’entreprise n’a forcément pas la même saveur que de préparer soi-même de bons produits même si cela arrive avec une fréquence moindre du fait de l’aspect prix. De manière générale, on peut opter pour davantage de menus avec des sources de protéines végétales ou moins émettrices en carbone.

Sources
(1) https://www.hautconseilclimat.fr/publications/rapport-grand-public-2020/
(2) http://www.fao.org/3/i3437e/i3437e.pdf
(3) Base Agribalyse V3.0.1 et moyenne calculée par MyLittleCarbon
(4) https://www.lepoint.fr/economie/au-bresil-la-folle-ascension-du-secteur-de-la-viande-30-03-2017-2115925_28.php
(5) https://www.youtube.com/watch?v=usLs_k5Qcb0
(6) https://www.web-agri.fr/changement-climatique/article/178046/comment-reduire-l-empreinte-carbone-de-son-elevage-
(7) https://www.franceagrimer.fr/content/download/64687/document/NCO-VIA-Consommation%20de%20viandes%20en%20France-2019.pdf
(8) https://www.youtube.com/watch?v=nVydgG2DFU
(9) https://www.youtube.com/watch?v=99ajUqkpvPs
(10) https://www.cuisineaz.com/articles/combien-de-kilos-de-viande-mange-un-francais-par-an-605.aspx
(11) https://www.femmeactuelle.fr/sante/alimentation-equilibree/boeuf-lentilles-fromage-quelle-quantite-de-proteines-contiennent-ces-aliments-le-resultat-est-etonnant-2083909
(12) https://actu.fr/auvergne-rhone-alpes/lyon_69123/menu-sans-viande-a-lyon-pour-barbara-pompili-le-menu-vegetarien-est-equilibre_39878052.html

Les avocats : l’ombre du CO2

Véritable star de nos assiettes, considéré comme un aliment bon pour la santé, son impact sur l’environnement est cependant discutable. Regardons cela de plus près!

Ces dernières années, la consommation d’avocat dans le monde a augmenté de manière spectaculaire : la production s’élève aujourd’hui à 5.5 millions de tonnes par an (1) avec une demande en Europe qui a triplé entre 2008 et 2018 (2) autour de 650,000 tonnes (3) aujourd’hui. L’avocat a conquis une place importante dans l’alimentation grâce à son goût et surtout pour ses vertus pour la santé. Il est notamment devenu le symbole de la nourriture « healthy », entraînant ainsi un important effet de mode (~15 millions de publications sur Instagram pour le #avocado vs 26 millions pour le #burger).

Le Covid-19 n’a pas stoppé l’irrésistible ascension de l’avocat, voire au contraire a tiré vers le haut sa consommation lors des confinements : l’esquisse d’un « monde d’après » qui se veut plus sain ? (4) (5).

Un impact environnemental élevé ?

Pourtant l’impact environnemental de l’avocat est multiple : déforestation, consommation d’eau importante, pesticides, et son transport sous atmosphère froide entre le lieu de production et le pays de consommation. L’impact en termes d’émissions de gaz à effet de serre (estimé en kg CO2 équivalent) porte une part d’inconnue avec une quantification qui diffèrent fortement d’une source à une autre.
Concernant la déforestation, le GIEC estime que la modification des sols est responsable d’un quart des émissions de gaz à effet de serre (6). Ainsi s’il n’est pas possible de quantifier précisément les forêts perdues pour permettre la culture de l’avocat, on peut néanmoins penser qu’une forte augmentation de la demande de ce fruit tant désiré pourrait pousser à abattre des forêts pour les remplacer par des plantations d’avocats.

Une empreinte carbone très variable

Les émissions de gaz à effet de serre de la production de l’avocat sont estimées autour de 2.5 kg CO2éq/kg d’avocat par l’ADEME via la base de données Agribalyse (7). Toutefois ce chiffre est une moyenne, c’est-à-dire un agrégat de données selon les modes et lieux de production. Par exemple, la plantation d’avocat peut avoir provoqué de la déforestation, nécessité des quantités d’eau importante dans une région aride, ou encore avoir été ramassé mur puis transporté par avion ou bien encore vert et transporté par bateau refrigéré puis mis en murisserie à proximité du pays de consommation. Dans le cas d’un transport par avion, le bilan de l’avocat s’alourdit alors autour de 12 kgCO2éq/kg d’avocat par rapport à la production du même avocat en pourtour Méditérannéen.

Le manque de transparence sur les avocats produits en Amérique latine ou en Afrique de l’Est doit nous pousser à consommer des avocats plus « locaux » comme les avocats d’Espagne, de Corse, voire du Maroc ou d’Israel, qui parcourent des distances moindres par bateau ou camion tandis que le doute peut subsister sur les autres provenances. La faible distance peuvent potentiellement aussi leur permettre de proposer des avocats ramassés proche de la maturité et atteindre en 24h nos étals sans passer par la case murisserie.

Les émissions peuvent varier en fonction des modes de transport mais aussi de la modification des terres de production

Ces fruits ont cependant une saisonnalité, il faut les apprécier de décembre à mars pour l’Espagne (8) et entre novembre et avril pour les avocats mexicains que nous recommandons qu’avec une grande parcimonie du fait de l’incertitude de leur respect de l’environnement (9). En modifiant notre consommation d’avocat vers une consommation raisonnable en volume et exigeant un transport peu carboné, les producteurs lointains auront alors un intérêt à proposer plus de transparence sur la production et le transport de cet or vert.

Sources:
(1) https://www.planetoscope.com/fruits-legumes/1688-production-mondiale-d-avocats.html
(2) https://www.lsa-conso.fr/en-10-ans-la-consommation-d-avocats-a-explose-en-europe-itw-de-xavier-equihua-directeur-general-de-la-worlld-avocado-organization,309006
(3) https://www.reussir.fr/fruits-legumes/la-consommation-europeenne-d-avocats-est-en-bonne-voie-pour-depasser-le-million-de-tonnes#:~:text=Entre%202016%20et%202018%2C%20elle,(1%2C1%20Mt).
(4) https://www.bloomberg.com/news/articles/2020-04-26/avocados-are-in-pork-bellies-out-in-the-era-of-pandemic-eating
(5) https://www.letemps.ch/economie/lavocat-cote-energivore
(6) https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/le-giec-alerte-sur-la-degradation-des-terres-de-la-planete_2093479.html
(7) cf la base de données Agribalyse sur https://doc.agribalyse.fr/documentation/
(8) https://pangonionlinemarketing.com/avocado-seasons/ https://www.fruitsinfo.com/spain-seasonal-fruits.php
(9) https://www.nouvelobs.com/planete/20161117.OBS1338/vous-ne-regarderez-plus-jamais-les-avocats-de-la-meme-facon.html

Mode, fast fashion et CO2

La mode, à travers son évolution récente, a un impact de plus en plus important sur l’environnement, et notamment sur les émissions de CO2

La mode et l’accélération de la fast-fashion a poussé à une production toujours plus importante de vêtements ses dernières années : celle-ci a ainsi doublé entre le début des années 2000 et aujourd’hui avec 100 milliards de vêtements produits chaque année (1).

L’empreinte carbone de la mode : 1,2 milliards de tonnes de CO2

Cette production nécessite de nombreuses matières premières, notamment pour la fabrication de tissus à partir de produits de l’agriculture, comme le coton, de l’élevage comme la laine, ou bien de plastiques eux-même provenant de pétrole dans la plupart des cas. En mettant bout à bout, la fabrication des matières premières puis des tissus, l’assemblage et la confection des vêtements, la chaîne de production produit environ 2% des émissions mondiales de gaz à effet de serres. Cela représente 1.2 milliards de tonnes de CO2 équivalent selon l’étude de la fondation Ellen MacArthur (2).

Outre les émissions de gaz à effet de serre, la production de coton a également un fort impact sur l’environnement avec l’utilisation importante de pesticides : le coton représenterait ainsi 25% de l’utilisation de pesticides dans le monde (3). Aussi, les techniques pour colorer les tissus, donner un effet délavé aux vêtements ont des conséquences tant sur la santé des employés du secteur textile que sur les terres environnantes et leurs habitants lorsque les effluents de ces procédés ne sont pas retraités.

Les français consomment 9 kg de vêtements par an…

La fast fashion avec la rotation des collections pratiquée par de nombreuses enseignes déversent en France une production de vêtements équivalent à 9 kg de vêtements par français par an (4). Cette rotation, conjuguée à des prix bas, pousse bien souvent malheureusement le citoyen à consommer au delà de ses besoins réels. Ainsi les vêtements sont assez peu portés avec un chiffre moyen selon lequel un vêtement est porté seulement 10 fois (5) (6) notamment à cause de ceux qui ne sont presque jamais portés (1 vêtement sur 3 selon l’ADEME).

… soit 600 kg CO2 équivalent pour des vêtements en coton

Ces 9 kg de vêtements pèsent dans nos émissions de CO2 issu de la fabrication des matières premières et la confection du vêtement. Ainsi, fabriqués à partir de coton, une chemise pèse 10 kg de CO2 équivalent, une robe 50 kg de CO2 éq. et un t-shirt 5 kg de CO2 éq. Or nous l’avons expliqué précédemment, la trajectoire de réduction actuelle des émissions de gaz à effet de serre nous demande un effort individuel supplémentaire de 200 kg de CO2 équivalent à économiser chaque année par rapport à l’année précédente pour rester sur la voie d’un monde à +2°C maximum.
En considérant le poids et les émissions d’un jean, d’une robe, d’une chemise et d’un t-shirt tous en coton, on peut définir qu’un habit moyen en coton émet environ 66 kgCO2/kg de textile. Ainsi pour 9 kg de vêtements cela correspondrait à 600 kgCO2 émis par an par français.

Quel impact de nos consommations de vêtements en France ?

Afin de réduire l’impact environnemental et sociétal de la mode, les entreprises commencent à faire un effort de sourcing et de confection plus responsable en favorisant des tissus moins gourmand en eau, en engrais ou en pesticides pour éviter la perte des récoltes. Ainsi le lin et le chanvre présentent des avantages par rapport au coton en terme de respect des terres et de consommation d’eau (7). Et si vous deviez opter tout de même pour un vêtement en coton, vous pouvez viser certains labels éco-responsables ou bien des cotons en agriculture biologique pour préserver les sols, ou bien encore chercher des vêtements en coton recyclés qui, selon l’analyse de cycle de vie de l’ADEME (8), émettent 7 fois moins de CO2 que des fibres de coton classiques. Penser aussi à donner une seconde vie à vos vêtements en les donnant dans des point d’apport volontaire ou alors en les revendant sur des sites comme Vestiaire collective, Vinted. S’ils sont abîmés, alors vous pouvez aussi les revaloriser en les faisant recycler (9).

Que faire pour réduire l’empreinte carbone de mes vêtements ?
35% des émissions de CO2 lors de la confection

Aussi, en tant que citoyen français, nous ne pouvons qu’encourager les démarches qui se veulent responsables et les entreprises qui cherchent à relocaliser les processus de production en France pour en maîtriser les impacts sociaux et environnementaux (notamment la fabrication et le traitement des tissus pour les colorer) avec des marques comme 1083 ou le Slip français. En effet, la partie confection et mise en forme émet environ 35% des émissions de CO2 (10) notamment à cause du mix électrique du pays de fabrication, fabriquer en France où le mix électrique est faiblement carboné est donc aussi un geste pour réduire les émissions de CO2.

Sources
(1) https://multimedia.ademe.fr/infographies/infographie-mode-qqf/
(2) Ellen MacArthur Foundation, A New textiles economy. Redesigning fashion’s future, 2016 et Circular Fibres Initiatives Analysis, 2016.
(3) Vidéo « Le Gros Doss » sur https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/conso/mode/gros-plan-vetements
(4) https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/le-revers-de-mon-look.pdf
(5) https://www.oxfamfrance.org/agir-oxfam/impact-de-la-mode-consequences-sociales-environnementales/
(6) https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/lrdml_expo_affiche_a2_conception_version_def.pdf
(7) Page 5 – https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/lrdml_expo_affiche_a2_conception_version_def.pdf
(8) Page 66 – https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/acv-biens-equipements-201809-rapport.pdf
(9) lafibredutri.fr
(10) https://www.bilans-ges.ademe.fr/documentation/UPLOAD_DOC_FR/index.htm?coton_-synthetique_-autre.htm


CO2 : Voiture électrique vs voiture thermique

Le match de la semaine sur un sujet qui a beaucoup fait parler récemment : la voiture électrique émet-elle moins de CO2 ? Et si oui combien !

Le gouvernement français a confirmé il y a quelques jours le maintien de 2040 comme étant l’année à partir de laquelle les véhicules thermiques ne seraient plus disponibles à la vente (1). Si cette décision a déçu certains en termes d’ambition (2), à nous donc, consommateurs, de jouer un rôle et comprendre les avantages de la voiture électrique en termes d’émissions de CO2, et de choisir quand on le peut!

Les véhicules légers représentent 20% des émissions de CO2 en France

En France, 30% des émissions sur le territoire sont liées au transport (3), et 70% des émissions du transport sont liées à des véhicules légers qui pourraient être facilement électrifiables à terme. Car en 2021, le véhicule électrique présente en effet un bilan carbone déjà favorable en France et en Europe (4) par rapport aux véhicules thermiques, et ce, même en prenant en compte la fabrication des batteries dans des pays au mix électrique carboné comme la Chine ou la Corée du Sud. Cet avantage de la voiture électrique sur l’essence ou le diesel devrait encore se renforcer d’ici 2040 lorsque les mix de production électriques, qui alimentent les véhicules, seront encore davantage décarbonés. Aussi, la production des batteries devrait être de plus en plus en localisée en Europe à cette échéance et améliorer le bilan CO2 global (fabrication et assemblage des cellules en Europe).

La voiture électrique émet moins de CO2 en Europe que la voiture thermique classique dans toutes les configurations

Venons-en aux chiffres, l’ONG Transport&Environment a récemment montré (4) que les plus récentes technologies de production de batteries permettent aux voitures électriques d’être moins émettrices en CO2 que les voitures thermiques, cela en incluant dans le calcul la production de la batterie de la voiture en plus des émissions de CO2 du mix électrique du pays où la voiture roule. Car, si en France la production d’électricité est largement décarbonée, ce n’est pas le cas dans des pays comme l’Allemagne ou la Pologne qui tirent la majeure partie de leur électricité du charbon (35% en Allemagne ou 80% en Pologne). Pourtant même dans ces cas moins favorables, la voiture électrique s’avère moins émettrice de CO2.

Selon TNE, une voiture électrique moyenne en France émet jusqu’à 77% de moins de CO2 en prenant en compte la totalité des émissions de la fabrication de la voiture à la fin de sa vie

En croisant les données avec la mobilité moyenne en France et en appréciant les usages des français (5) (6) (7), My Little Carbon a calculé les économies moyennes de CO2 par an si vous passez à l’électrique de manière permanente si vous possédez une voiture ou si vous poussez à ce que la flotte s’électrifie par vos usages (taxi, voiture de location).

Un conducteur qui passe à l’électrique émet 1 tonne de moins de CO2 par an

Ainsi en comptant environ une moyenne de 12,000 km par an par usager (5), on économise 1,2 tonne de CO2 par an, en se basant sur une amortissement de la construction du véhicule et de sa batterie sur une durée de vie de 10 ans pour l’électrique (vs amortissement sur 15 ans pour le thermique de manière volontairement conservatrice). Ce raisonnement est aussi bien valable pour une berline que pour une citadine, même si la berline est désavantagée par son poids qui nécessite une batterie environ 2 fois plus importante que la citadine (90 kWh vs 40-45 kWh). Ainsi le gain est plus important sur la citadine, mais nous considérons que le choix d’une gamme plutôt que l’autre est dû à une nécessité pour le consommateur (dans le cas contraire un gain supplémentaire de 550 kgCO2 serait possible en passant de la berline électrique à la citadine électrique).

Utilisateurs occasionnels ou réguliers, voici les bonnes raisons de passer à l’électrique dès que vous le pouvez

En terme d’investissement, le véhicule électrique requiert plus de fonds à l’achat mais moins à l’utilisation du fait du coût moindre de l’électricité par rapport à de l’essence ou du diesel pour une même quantité d’énergie (11 cts le KWh en France vs 1.5 € environ le litre de carburant) soit pour parcourir 100 km 2€ avec de l’électricité et 7-8 € pour le carburant fossile.

Aussi en terme d’entretien (8), la motorisation électrique avec moins de pièces mécaniques s’avère moins complexe et moins coûteuse à entretenir qu’une motorisation thermique. De plus le frein moteur naturel du moteur électrique (qui permet de recharger la batterie) permet à certaines pièces de s’user moins vite comme les plaquettes de frein ou les pneus.

Sources
(1) https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b3875_projet-loi#D_Article_36
(2) https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/19/passoires-thermiques-menus-vegetariens-lignes-aeriennes-l-assemblee-nationale-acheve-l-examen-du-projet-de-loi-climat-et-resilience_6077242_3244.html
(3) https://www.hautconseilclimat.fr/publications/rapport-grand-public-2020/
(4) https://www.transportenvironment.org/what-we-do/electric-cars/how-clean-are-electric-cars
(5) https://fr.statista.com/statistiques/484345/distance-parcourue-en-moyenne-par-voiture-france/
(6) https://europeanclimate.org/wp-content/uploads/2017/11/Vehiculeelectrique.pdf
(7) https://www.lesechos.fr/2016/12/portrait-robot-du-chauffeur-de-taxi-parisien-219555
(8) https://www.clubic.com/transport-electrique/article-888671-1-sr-cout-entretien-voiture-electrique.html

Le carbone de nos smartphones

Les émissions de carbone du numérique sont en expansion, en émettant aussi bien lors de la fabrication du matériel ou bien l’utilisation des ressources numériques.

La fabrication des smartphones a un impact environnemental assez important de par ses processus de fabrication ainsi que par sa large adoption avec déjà plus de 10 milliards de smartphones produits et vendus dans le monde depuis 2007 (1).

Leur fabrication requiert en effet de nombreux métaux (aussi varié que de l’or ou du tantale), des terres rares, ce en plus des batteries, qui requièrent des ressources minières importantes (cobalt, lithium) en plus de terres rares. Ces minerais ont un impact sur l’environnement direct via les rejets liés aux processus d’extraction, d’autant plus dans certains pays aux normes peu protectrices de l’environnement (par exemple l’Asie, dont la Chine pour les terres rares, en Afrique avec la RDC pour le cobalt, l’Amérique du Sud et la Bolivie pour le lithium).

D’un point de vue CO2, l’impact des smartphones est non négligable entre la production des minerais, puis des composants électroniques des smartphones, comme les semi-conducteurs fabriqués principalement en Asie, un continent au mix énergétique encore très carboné,
Outre la production, les matériaux et pièces sont envoyés à travers le monde puis finalement assemblés en Asie pour la plupart des smartphones (à l’exception de certains fabricants comme Fairphone en Europe).

120 kgCO2/eq pour un smartphone neuf

Les émissions de CO2 pour la fabrication d’un smartphone sont ainsi estimées pour des modèles comme l’iPhone 12 ou le Samsung S21 à environ 120 kg CO2 / smartphone (2).

Une solution qui émerge pour en diminuer l’empreinte carbone est d’acheter un smartphone reconditionné, c’est-à-dire un appareil existant dont certaines pièces ont été changées pour le remettre comme à neuf. Selon l’ADEME (3), un tel smartphone émet jusqu’à 75% de moins de CO2 que d’acheter un appareil neuf.

Réduire son empreinte carbone avec le smartphone reconditionné

Or les français changent de smartphone tous les 2 ans en moyenne (4). Passer à un smartphone reconditionné représente donc une baisse des émissions moyennes, qui, lissées sur 2 ans, décroissent de 60 kgCO2 éq/an (appareil neuf de 120 kgCO2 sur 2 ans) à environ 10 kgCO2 éq/an, soit -50 kgCO2/eq sur un an.

D’après notre article précédent qui suggèrait un effort de chaque français de 200 kgCO2 eq/an d’économie annuelle incrémentale à réaliser, choisir un smartphone reconditionné plutôt qu’un appareil neuf répresente donc 1/4 de l’effort d’économie de CO2 à faire pour une année par français.

Au niveau de la fiabilité de ces appareils, sachez que la loi impose aux revendeurs agréés de ces téléphones reconditionnés de les garantir 1 an (3).

Penser à recycler vos vieux téléphones…

Aussi lors de l’achat de votre smartphone (reconditionné si possible!), pensez à rapporter votre ancien smartphone. Il est estimé qu’environ 700 millions de smartphones dorment dans les tiroirs des européens (4) et ne sont plus utilisés, et a fortiori ni réparés, ni reconditionnés. Ils pourraient également être recyclés pour économiser des ressources minières.

… et à acheter des téléphones réparables comme le Fairphone 3!

Si vous êtes amené à acheter un téléphone neuf, essayez de choisir un téléphone qui soit le plus facilement réparable, pour le faire vous-même ou bien pour rendre facile sa réparation et la remise sur le marché de la seconde main. En France, depuis janvier 2021, un indice de réparabilité a été mis en place pour aider le consommateur à choisir un matériel plus facilement réparable (5) même si cet indice peut avoir quelques lacunes.
Un exemple de smartphone facilement réparable est le Fairphone 3 (6). Un tournevis est même fourni lors de l’achat du téléphone pour changer la batterie ou l’écran soit-même.

Sources
(1) https://librairie.ademe.fr/consommer-autrement/1860-impacts-du-smartphone-les-9791029713811.html
(2) https://www.digitec.ch/fr/wiki/5903
(3) https://librairie.ademe.fr/consommer-autrement/4398-pourquoi-preferer-un-smartphone-reconditionne-.html
(4) https://www.eesc.europa.eu/en/our-work/publications-other-work/publications/identifying-impact-circular-economy-fast-moving-consumer-goods-fmcg-industry-opportunities-and-challenges-businesses
(5) https://www.economie.gouv.fr/particuliers/tout-savoir-indice-reparabilite
(6) https://fr.ifixit.com/smartphone-repairability

Un monde à +2°C : comment faire ?

Cette semaine, un éclairage sur ce mysterieux mantra répété par tous : maintenir un monde à +2°C au maximum. Arrêtons-nous cette semaine sur le comment ?

Il a été établi qu’il fallait maintenir le réchauffement global à 1.5°C par les scientifiques de référence en matiére climatique, incarnés par le GIEC (1). L’accord de Paris lors la COP21 propose cet objectif, en proposant un monde « bien en dessous de +2°C » par rapport à l’ère pré-industrielle 1850-1900.

Quelle trajectoire réaliste de réduction des émissions de CO2?

Un certain nombre d’articles de sensibilisation au climat rappelle regulierement un chiffre pour nous faire réaliser l’ampleur de la tâche : 2 tonnes de CO2 par habitant par an. Ceci est notre budget carbone annuel pour rester dans les clous du monde a +2°C.

Pour demystifier ce chiffre, cela veut dire concretement que d’ici à 2100, chacun des quelques 7-8 milliards d’êtres humains possède un droit d’émettre annuellement 2 tonnes de CO2 par an. Aujourd’hui la moyenne mondiale se situe plutôt autour de 4 tonnes de CO2 par habitant par an.

Pas si loin pourrait-on se dire, et pourtant, un français émet 11 tonnes CO2 chaque année soit nettement plus que le budget carbone. Démoralisant, mais … attendez!

De 11 tonnes aujourd’hui à 2 tonnes : un pari pas si fou ?

Pour des raisons économiques et sociales, on ne peut pas passer instantanément de 11 tonnes à 2 tonnes sans une révolution complète. Alors comment faire ?

Vous avez sans doute entendu parler de nombreuses entreprises ou pays annonçant qu’ils seront « Net Zero en 2050 ». Derrière cet autre mantra se cache une trajectoire plus réaliste pour réussir à sauvegarder notre climat autant que possible et notre monde vivable tel que nous le connaissons.

2 tonnes stables sur 2021-2100 ou Net Zero en 2050 : pareil pour le climat !
Deux trajectoires d’émissions CO2 possible pour reste dans un monde à +2°C
La France définit une trajectoire Net Zero en 2050

Devenir Net Zero en émissions CO2 en 2050 est l’objectif de la France comme le rappelle les rapports du Haut Conseil pour le Climat (2). Cet objectif a été traduit sous la forme d’une trajectoire dans la loi pour les prochaines années via un décret qui fixe des objectifs pluriannuels (3).

Malheureusement, les investissements structurels dans le domaine du logement (30% des émissions), des transports (20% des émissions) et de l’agriculture (20% des emissions) prennent du temps et des moyens pour avoir un impact positif.

Quelles innovations pour le Net Zero ?

En effet, la trajectoire de décarbonation de l’économie mise sur des rénovations de logements, des nouveaux logements 0 emissions, le développement de la voiture électrique ou hydrogène, du stockage de l’électricité, des innovations dans l’agriculture pour l’élévage ou pour pallier les engrais utilisés (plantation de légumineuses par exemple). Ces réussites prendront du temps et auront leurs effets entre 2030 et 2050.

Le citoyen : le relai pour réduire les émissions CO2 efficacement et rapidement à court terme

En attendant que les changements structurels fassent davantage effet (cf « rythme actuel » du graphique), nous pouvons apporter notre contribution en modifiant quelques une de nos habitudes et ainsi réduire notre empreinte carbone.

Pour rester dans la trajectoire Net Zero définie par la France, les francais doivent faire un effort individuel de réduction de 200 kg CO2 par an, chaque année jusqu’en 2030.

Chaque année, trouver 200 kg CO2 à éviter par rapport à avant!

Ainsi, My Little Carbon vous propose d’essayer d’identifier dans nos vies des efforts à faire que nous ne faisions pas l’année d’avant, avant d’économiser 200 kg CO2 de plus chaque année, tout en maintenant les efforts des années précédentes.

Quelques idées pour commencer :

  • un AR Paris – Le Havre en train plutot qu’en voiture : -60 kgCO2 emis
  • 2 steaks (300g) de boeuf en moins (celui de la cantine pas bon) : -20 kg CO2
  • Boire un peu moins de café : -2 café par semaine pendant 1 an = -60 kg CO2

Vous avez d’autres idées à partager ? Sinon rendez-vous la semaine prochaine pour plus d’idées ici !

(1) Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
La page Wikipedia
Un rapport pour les plus motivés
(2) https://www.hautconseilclimat.fr/wp-content/uploads/2019/09/hcc_rapport_annuel_2019_v2.pdf
(3) https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000041814459?r=1vQJ5BwJ9s

Big Mac et impact carbone

Qu’il soit occasionnel ou habituel, quelles émissions se cachent dans mon fast-food ?

Un monde à +1.5°C en 2100 est un objectif qui a été fixé par le GIEC (institution de référence de l’ONU sur le climat). Cet objectif a été repris dans les Accords de Paris en 2015 lors de la COP21 comme référence pour préserver le climat (objectif « bien moins de 2°C »).

Pour arriver à ce résultat, le budget carbone (et autres gaz à effet de serre) restant à émettre est faible. En effet, il représente 2 tonnes de CO2 équivalent par an « autorisées » par personne jusqu’à 2100, soit encore 5 kg CO2 par jour par personne.

Il était question de Big Mac dans le titre, alors allons-y!

Pourquoi parler d’un burger constitué de deux steaks de viande de boeuf (environ 80g une fois cuit), du cheddar, des oignons, un bun au graine de sésame ?

Car consommer un tel burger en France émet environ 5 kgCO2 équivalent (source: ADEME et calculs MyLittleCarbon) soit la totalité des émissions quotidiennes théoriques. Les plus gros contributeurs à ce bilan carbone sont les steaks hachés de boeuf (85%), suivent ensuite le cheddar et le bun.

Retenez ainsi que pour votre prochain fast food chez McDonalds (ou un autre), vous pourrez privilégier un burger avec du poulet comme les excellents (au moins pour l’environnement) CBO ou McChicken qui émettent eux autour de 1.5-2 kg CO2 par burger (source: ADEME et MyLittleCarbon).

La Tomate : Hiver vs été, le match du carbone

Nous voici au sortir de l’hiver, et avec le printemps et le retour de beau jour arrive l’envie de ce qui fait l’été !

A l’orée du printemps, l’arrivée des beaux jours nous donne envie de soleil et de fruits et légumes du soleil. Or, la tomate s’épanouit et murit avec une température autour de la vingtaine de degrés : ainsi elle pousse en 2 à 3 mois après le repiquage des plants.

Pourtant avec ces 60 jours minimum pour arriver à maturité, la tomate que vous consommerez en avril est plutôt une tomate d’hiver, qui aura poussé entre janvier et mars. Ainsi commence notre analyse de son impact carbone, car selon l’ADEME*, une tomate sous serre chauffée en hiver émet ainsi environ 7 fois plus de CO2 !(dioxyde de carbone ou gaz à effet de serre équivalent)

Retenons d’abord que la tomate d’été, qui se développe en été est en harmonie avec le climat, et émet assez peu de CO2 généralement. En été, ce sera alors principalement la distance que la tomate va parcourir (par camion ou bateau) qui aura un impact sur la quantité de CO2 émis. Privilégions donc la tomate locale!

En hiver, il faut chauffer les serres autour de 20°C pour que la tomate puisse s’épanouir et pousser. Cela implique du chauffage au gaz ou au fioul principalement, ce qui augmente énormément le contenu carbone de la tomate. Ce qui va importer ici c’est donc la température extérieure durant l’hiver qui va compter; d’où des émissions moindres … au Maroc ! Cependant, en respectant la saisonnalité, et en choisissant d’autres plaisirs en hiver, on peut aussi émettre moins d’autant que les tomates sont moins savoureuses en hiver qu’été.

Voici une idée des émissions de CO2 pour ces tomates d’été par rapport aux tomates d’hiver (source : ADEME et méthodologie interne) :

Pour la France, nous voyons bien qu’en été, il faut privilégier les tomates françaises car elles parcourent moins de kilomètres par camion depuis le sud de l’Espagne ou le sud de l’Italie, et plus encore depuis le Maroc. Elles émettent ainsi deux fois moins de gaz à effet de serre pour atteindre le consommateur français.

Pour ce qui est de la saisonnalité, il faudrait théoriquement privilégier la tomate marocaine. Il n’en reste pas moins qu’entre une tomate savoureuse d’été française et une tomate marocaine sous serre chauffée d’hiver : la tomate la moins polluante d’hiver émet toujours 4 fois les émissions de gaz à effet de serre qu’une tomate d’été


Nous voici pour vous accompagner!

Une initiative lancée pour vous aider à mieux consommer, mieux choisir vos produits, et faire évoluer vos envies : se faire plaisir oui, mais de manière avisée et éclairée !

Nous allons vous guider à travers quelques articles et infographies sur les milliers de choix qui s’offre à vous, pour que vous sachiez la quantité de carbone qui se cache derrière chacun de vos choix.

Chaque semaine, nous partagerons des informations pour vous guider sur des choses simples et mettre en perspective les chiffres et informations que nous donnons.

La tâche sur le carbone est extrêmement complexe et périlleuse, car il est quasiment impossible de connaître les processus de fabrication ou les détails techniques de chaque produit ou service que nous consommons ou chaque décision que nous prenons.

Volontairement nous nous placerons dans une vision en ordre de grandeur, car c’est la seule qui a du sens à l’heure actuelle.

Un ordre de grandeur : qu’est ce que c’est ?

Le raisonnement en ordre de grandeur permet d’appréhender et de comparer les grandes masses d’émissions de CO2 ou d’autres gaz à effet de serre de nos activités les unes par rapport aux autres.

Si, à terme, il sera souhaitable d’avoir une traçabilité totale des produits et services pour assurer un minimum d’émissions de CO2, il est crucial de commencer dès aujourd’hui de donner des ordres de grandeurs aux citoyens pour nous permettre de comprendre et de nous guider dans nos choix de consommations.